Mieux encore « qu’apolitique » les gilets jaunes sont bel et bien perçus comme critique radicale du pays légal caractérisé habituellement par l’emprises des partis sur la société civile. L’ampleur de la vague peut surprendre alors même que le macronisme, et c’est son grand mérite, est à la fois le résultat et la cause du déclin des partis. D’où également le désarroi de la macronie qui croyait avoir détruit l’ancien monde alors même qu’il n’en avait détruit (et c’est déjà bien) qu’une des modalités devenue obsolètes. Enfonçons quand même le clou : le macronisme coïncide avec la démolition d’une partisannerie érigée en système néfaste. Le pouvoir faute donc d’ancrage partisan est seul (le roi est nu !) face à une jacquerie qui n’est pas encore une révolution mais déjà une révolte. Elle restera jacquerie si elle reste seulement l’ expression de la France périphérique, déclassée, mal desservie, celle des « Gaulois réfractaires ».

Une face à face avec la France des villes et singulièrement des métropoles, au premier rang desquelles le Grand Paris, lui serait fatale ! et c’est peut-être cela que souhaitent certains hiérarques du système. C’est pourquoi les élections municipales et avant même ces élections le « contrôle » des territoires sont un enjeu majeur parcequil permet de poser la question du pouvoir dans CHAQUE territoire simultanément sans couper dialectiquement le pays en deux. Coupure qui encore une fois serait fatale à la France périphérique. Pour échapper à cette coupure il faut multiplier les théâtres d’opération.